La corrida

Publié le par Noellia Lawren

La corrida

Paseo théatrâl !

Au son d'un paso-doble endiablé, le défilé commence.

Soleil radieux, belle journée pour une mise à mort.

Suivi de deux picadors, naseaux fumants, Isos entre dans l'arène.

Début de son calvaire.

Harcelé, piqué, transpercé, supplicié !

Paroxysme de la barbarie.

Les brandilles plantées dans l'échine, l'animal à la robe maculée du sang de l'innoncence, charge avec vaillance.

Arrogant, paré de suffisance, le bouffon à l'habit d'apparat tout d'or brodé, s'invite sur la piste.

Danse macabre.

Le public exulte .

Acteur de talent, le matador joue de sa muleta, exécute une véronique.

Jeu de dupes. Isos s'épuise.

Aujourd'hui, pas de mouchoir orange agité.

Une dernière passe, le bourreau porte l'estocade.

Habillé du courage des braves, Isos lutte, se retourne, empale le matador comme une poupée de chiffon.

Ce soir, taureau et matador dormiront sous le même linceul.

 

 

                                                                                                      Noellia Lawren

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Publié dans Poème

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Antinea Zoé 10/07/2016 17:57

Trés beau poème contre la barbarie et la torture des animaux pour le bon plaisir d'individus assoiffés de sang et dépourvus d'humanité.les mots bien choisis eclatent tels des balles et celui qui creuse une tombe à autrui finit par y choir.

CLEON PIERRE 10/07/2016 15:31

Beau texte qui a le mérite d'être engagé! Même si les avis sont divisés!
Un jeune torero est mort samedi en Espagne après avoir reçu un coup de corne lors de la feria de Teruel. Selon les médias espagnols, il s'agit de la première mort d'un torero en trente ans, dans un pays où la tauromachie divise

Séverine 31/05/2016 16:48

Je déteste la corrida, je ne comprends pas pourquoi cela se pratique encore de nos jours !