Les marionnettistes

Publié le par Noellia Lawren

Les marionnettistes

Scellés sur la porte, clap de fin.

Des hommes sans espoir cheminent vers la misère.

Pauvres retraités, l'aumône pour survivre.

Gratification d'une vie de labeur, d'honnêteté.

Dans ces pays en guerre, ils naîssent sous les bombes, chérubins au sang rouge, peu importe la couleur de leur peau.

Honte sur le monde.

Bravo marionnettistes  !

Virtuoses de la finance.

Animés par vos doigts habiles, les pantins de carton valsent sur le damier.

Tissée par vos soins, cette toile d'araignée géante où grandissent les enfants.

Plus de gibet de Montfaucon, les sans-le-sou se pendent de leur balcon.

Du haut de son étoile, Victor Hugo écrit l'acte II des misérables.

Dans les salons mondains, habillés d'hypocrisie, les incultes bien-pensants, enrubannés, poudrés, parfumés se pavanent, se congratulent.

Le tempo s'accélère, échec et mat pour les rois du monde.

On sonne le tocsin.

Entendez vous , monter de la plaine, les longs sanglots des violons?

Dans ce monde-cathédrale, l'orgue pleure les larmes d'un requiem.

Pauvres marionnettistes au jugement dernier.

L'immortalité de l'âme ne se négocie pas.

Qu'avez-vous fait pour vos semblables ?

 

Noellia Lawren

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Elisa Galam 23/07/2017 14:28

Un superbe poème, malheureusement, toujours d'actualité.